Les filières de valorisation

démolition d’ouvrage Paris 5 JY BURGY

Le béton - Valorisation et recyclage

La valorisation et le recyclage des bétons n’est pas récente. C’est d’ailleurs le premier matériau dont on s’est occupé dans le domaine du bâtiment. Néanmoins il ne faut pas se tromper. Ce n’est pas parce la technologie paraît rudimentaire que la valorisation est aisée. En effet les produits en sortie des installations sont normés pour pouvoir être utilisés. A titre d’exemple la teneur en sulfates est un élément qui est suivi avec beaucoup d’attention dans certaines applications. C’est pourquoi il est absolument nécessaire pour des exploitants souhaitant respecter ces normes et fournir des graves pour la sous couche de chaussée d’exclure les déchets de plâtre dans les matières qu’ils réceptionnent.

Le process de valorisation décrit les grandes étapes de préparation des déchets en vue de leur valorisation ou recyclage.

La sélection et le tri des entrants

Il est nécessaire de bien sélectionner les bétons qui ont potentiellement la possibilité d’être valorisés. Ils peuvent l’être tout d’abord sur le chantier même. Les déchets non sélectionnés pourront alors être dirigés immédiatement vers l’ISDI la plus proche.

Une fois les bétons à recycler réceptionnés sur le site, il est indispensable de vérifier si ces derniers contiennent ou non les matériaux indésirables, non inertes, tels le plâtre, le plastique, le bois, l’amiante, les matériaux isolants (polystyrène, laine de roche, etc.) et enfin les complexes d’étanchéité. La vérification peut se faire l’entrée, à la bascule (éventuellement à l’aide d’une caméra) ou encore lors du déchargement par le conducteur de la chargeuse. Si la technologie présente sur site permet d’épurer les déchets de béton de ces éléments, une valorisation ultérieure est possible.

Il est à noter que certains produits comme les dallages épais (béton ferraillé d’épaisseur > 20 cm), les poteaux, les poutres, les longrines et les canalisations de diamètre important, nécessitent une préparation (réduction et/ou déferraillage) au brise roche hydraulique.

Le stockage des différents types de déchets

Le stockage sélectif dépend de la volonté ou de la possibilité de produire différentes qualités de grave.

Idéalement le tri initial doit conduire à trois stocks de matières premières distinctes :

  • -les déchets contenant une proportion significative d’éléments argileux destinés à la production de sols graveleux.
  • -les déchets de type bétons et matériaux de chaussée exempts ou presque d’éléments argileux et contenant peu d’enrobés bitumineux, destinés à la production de graves propres, cailloux, sables et gravillons considérés comme des granulats de qualité.
  • -Dans certains cas particuliers les entrants de type « béton » peuvent être séparés des entrants de type « démolition de chaussée », par exemple en cas d’exigences spécifiques pour un emploi particulier.

A ce stade, les différentes matières premières peuvent encore contenir un résiduel (maximum 2 %) de bois, ferrailles et matières plastiques si toutefois l’élimination de ces polluants est prévue en aval.

Les opérations de concassage et de criblage

Considérant que la réduction des plus gros éléments a été réalisée en amont, les opérations à accomplir par l’installation sont les suivantes :

  • -tout d’abord un concassage primaire à l’aide d’un concasseur à percussion ou à mâchoires, suivi d’un déferraillage électromagnétique,
  • -puis un tri manuel consistant à retirer les impuretés (bois, papiers, plastiques) résiduelles est généralement opéré à ce stade, sur la grave primaire.
  • -un premier criblage et retour du refus au concasseur et/ou mise en stock de cailloux,
  • -puis éventuellement un concassage secondaire pour la production de grave bien calibrée. Cette installation secondaire peut aussi être équipée d’un séparateur magnétique, d’un dispositif d’épuration (lavage, tables densimétriques, etc…).
  • -ensuite intervient un criblage et retour du refus au concasseur ou mise en stock de gravillons,
  • -très rarement un concassage tertiaire avec criblage pour l’élaboration de sables et gravillons peut être effectué.

Les étapes nécessaires au recyclage et à la valorisation des bétons peuvent être plus ou moins complexes en fonction de la qualité de grave recherchée.

En conséquence les centres de recyclage peuvent offrir une technicité très variée allant du simple concasseur primaire sans criblage ni épuration jusqu’à l’installation industrielle sophistiquée disposant de deux, voire trois niveaux de concassage, de criblage et d’épuration.

Toutefois, toutes les installations peuvent entrer dans deux catégories principales :

  • -les installations fixes,
  • -Les installations mobiles.


Chacune de ces deux catégories d’installation peut être subdivisée en deux niveaux :

  • -les installations à un seul étage de concassage,
  • -les installations à deux étages de concassage

Les machines utilisées pour le recyclage des bétons (et des inertes en général) sont très variées permettant à l’exploitant qui va vers des qualités difficiles de se différencier de ses concurrents.

Les applications sont très techniques mais peuvent être catégorisées de la manière suivante :

  • -recyclage de granulats artificiels dans des bétons mais les exigences françaises en matière de qualité rendent difficile l'opération
  • -terrassements
  • -chaussées

NB : Les boues de béton peuvent enfin être traitées grâce à une technologie unique développée par la société CLAMENS en région parisienne. Parce que cette société a aussi organisé sa filière de collecte, l’ensemble est traité sous la rubrique « organisation des filières »