Les filières de valorisation

Le béton

On aurait pu approcher le sujet différemment en traitant le béton conjointement à l’ensemble des inertes comme les briques ou les céramiques. Le choix d’aborder la filière d’un point de vue matériau semble plus pertinent et prometteur de valorisation. Les déchets inertes en mélange peuvent aussi être valorisés ou envoyés en ISDI mais s’ils sont valorisés, ils le sont dans des applications à faibles valeur ajoutée.

Le béton est un terme générique désignant un matériau de construction composite, c'est-à-dire de composition hétérogène, fabriqué à partir de granulats naturels ou artificiels agglomérés par un liant. Ce liant est généralement du ciment. C’est le béton de ciment qui est le plus courant. D’autres types de béton existent mais leur utilisation dans le bâtiment est rare, on les trouve plutôt dans les travaux publiques.

Lorsque les granulats utilisés avec le liant hydraulique se réduisent à des sables, on parle alors de mortier. Le béton frais associé à de l'acier permet d'obtenir le béton armé, un matériau de construction courant. Le béton frais associé à des fibres permet d'obtenir des bétons fibrés.

Autant de variantes qui permettent d’obtenir des caractéristiques très différentes et des applications multiples. C’est pourquoi il constitue aussi la matière la plus utilisée : en France on consomme en moyenne 3,3 tonnes par habitant et par an soit plus de 200 millions de tonnes par an.

Même si les granulats naturels (alluvions ou de carrière) utilisés sont abondants dans certaines régions, certaines qualités de béton nécessitent d’aller les chercher toujours plus loin. Le calcaire et l’argile utilisés dans le cru pour la fabrication du ciment sont encore facilement accessibles. Par contre le gypse ajouté au clinker à hauteur de 5% est une ressource qui se raréfie même si les réserves sont estimées entre 50 à 70 ans en France. Certaines cimenteries se situent d’ailleurs très loin des carrières de gypse. La ressource la plus critique dans la fabrication du ciment reste l’énergie qui, de par sa rareté, devient aussi très chère.

Le recyclage et la valorisation des bétons sont très courants en France. Il y a en définitive très peu de difficultés techniques et les technologies utilisées sont depuis longtemps très éprouvées. Les difficultés sont plutôt d’ordre économique et logistique. En effet certaines zones sont très déficitaires en carrières de granulats comme par exemple l’Ile de France. Le coût des opérations de recyclage et de valorisation soit dans la fabrication du béton soit en terrassement peut être alors très compétitif par rapport au coût de transport pour faire venir les composants.

Il est donc possible de recycler les bétons de démolition comme il est d’ailleurs possible de recycler les déchets de béton de construction qui constituent un gisement marginal mais non moins intéressant.

NB : cette partie a été rédigée sur la base du guide technique de l’APAQ ainsi qu’avec la collaboration d’Eric Massy Delhotel, rédacteur en chef de la revue Valorisation et Recyclage. Les photos ont été réalisées par Cyrille Maury Communication-Marseille, Esterel Environnement-Fréjus, Audigier Recyclage-Montélimar.

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